mercredi 22 mai 2013

Recomposé


Au plus tard de la nuit

On compte les sommeils absents
Dans lesquels rien ne chante
Sur l'amour.

On écoute l'étoile qui révèle le soleil,
Le cœur au bord des yeux,
En communion.

Ne parle pas, prends juste un peu
Fais ton chemin,
Là où tes pas
Te mènent.

On pourra toujours en rire demain.

Et demain, demain
Il y aura encore l'amour,
Là où on posera les yeux.

La tasse de café,
La main sur les cheveux,
Dans les traboules de l'âme,
Même dans la pluie.

Même dans le gris,
Si tu veux.

Et puis l'amour,
et puis l'amer,
et puis la mort,
et puis la mer,
et puis le large, le long, l'étroit,

Dans la nuit du monde,
à reculons des jours tristes,
il y aura l'amour.

J'ai envoyé
Des lettres mortes
Auxquelles on n'a
Pas répondu.

Alors j'ai cru
Qu'il n'y serait plus,
Mais dans l'enveloppe
Humide, il y en avait, et
Il ne m'est pas revenu.

Ces mots que je n'ai pas dit,
L'amour les a écrit. Peut-être
Que personne ne les a
Ne les a lu,
moi, je n'ai pas insisté.

Parfois, l'amour fait
des fautes de français.

Entre deux béguins
l'amour bégaie.

Et puis qu'est-ce
que l'amour, que
le grain de la peau,
qu'une tasse de café
vide,
qu'un trousseau de clefs
oublié, qu'est-ce
qu'un lange d'enfant,
qu'un cri qu'un
pleur
qu'un sourire qu'un jouet
roulant sous les pieds,

qu'est-ce qu'un vêtement
confortable, qu'une mangue
au mois de novembre,
qu'une prime
de fin d'année,

qu'un retour
aux sources,
qu'un foyer.

Tu le sais, toi ?
Peut-être.
Mais toi, tu n'es pas là.

L'amour mâche
le silence des absents.
Entre les soirs
de retrouvailles,

qui s'éloignent,
s'éloignent,
à tâtons
des dimanches vides,

sous les draps
du grand lit
qui reste froid.

Ainsi roule le monde,
au creux
des heures fécondes,
quand
tu n'es pas là. 

Demain,
On en rira.

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