Une nouvelle tête sur la terrasse ce matin. Une tête de hareng, promenant son petit chien. Elle sautille de flaque en flaque, bouscule les vieilles bigotes qui s'y abreuvent. Ricane bêtement, exhibe le grenat de ses branchies, étrangle son bouvier par sadisme et ne s'arrête que pour observer le ciel qui livre au-dessus de nos têtes un combat sans merci. C'est les photons de l'astre réal, intrépides reîtres de lumière, spermatozoïdes de Ré, ou pire, rais aveuglants qui ont pour cible l'ovule argentique des écailles de la vilaine poiscaille. C'est l'apothéose de l'étrangeté, songe débile hip hip au son du bip, encore un cauchemar, un stupide et vilain cauchemar.
La tête de poisson m'observe, vérifie mes transfusions, tapote sur ma sonde, chipote ma sonde, vide ma panne, ajuste mon bavoir, rien de bien beau à voir. Le bouvier a un air de famille avec le chimiste qui me shoote à longueur de temps, je pige rien à ses glapissements, des colonnes de fer s'écrasent sur les racines de mon crâne en de magnifiques gerbes bleues.
Chimio période bleue, au musée du mal qui me ronge. Apogée de ma gloire. Moi, le grand créateur de monde, astrophysicien, plagiaire, écriveur sans être vain, inventeur des lois de la robotique, iconoclaste juché sur la gloire de ses fondations, je suis en train de crever à cause d'une poche de sang empoisonné.
Merde !
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